Entretien avec Kroc Blanc, rappeur identitaire

« Islamophobia », « Je vote FN » et un morceau sur Jean-Marie Lepen. Avec un nouvel opus dans les bacs, Kroc Blanc prouve une nouvelle fois qu’il est un rappeur ovniesque. Rencontre avec l’extrême droite du Rap français.

LeGrandBestiaire: Bonjour Kroc Blanc est-ce que tu peux te présenter ?

Kroc Blanc : Je fais du vrai rap. Je dis ce que je pense. Je suis issu d’une famille de droite de culture catholique, pas très riche. Je viens de Paris.

LGB : Quelles sont tes influences ?

KB : Quand j’étais jeune, j’écoutais du rap commercial. Puis, je suis passé au rap américain, le rap français me sortait par les yeux. Le coté victime et bourreau, je n’en pouvais plus. D’un côté dire : « je te nique, je te baise ». De l’autre : « regardez, ils sont méchants avec nous, on est des êtres fragiles ». Maintenant je n’écoute plus de rap. Tous les thèmes ont été abordés et toutes les rimes ont été faites. Avec un éventail qui se restreint, tu risques de bloquer ton écriture.

LGB : Tu viens de sortir Insctint, ton troisième album, tu peux le présenter ?

KB : Son nom le résume bien. Dans mes précédents albums, je me prenais la tête sur l’écriture. Ça passait avant le reste, et ça se ressentait musicalement. Pour Instinct, j’ai privilégié le flow, c’est plus efficace. Les thématiques sont plus instinctives aussi. J’ai créé de manières moins réfléchies, moins intellectuelles. Plus dans le ressenti.

LGB : Tu utilises la plupart des codes du rap actuel (Manga, punchline hardcore, vocoder, Cloud, Trap), mais là où tu te démarques : c’est par ton coté nationaliste…

KB : C’est assez moderne globalement, il y a du Cloud, comme sur le titre Végéta. Il y a un peu de Trap. J’essaie d’évoluer avec le style actuel et tester mon flow. Si je colle mes textes dissidents à un son vieillot, ça risque d’être caricatural.Politiquement, je me suis réveillé bien plus tard. Je me disais antiraciste à une époque. J’ai les mêmes codes que les rappeurs de ma génération et aussi des inspirations Manga, entre autres. J’ai grandi de la même manière que tout le monde, pas d’une famille militante nationaliste. Quand on parlait de Le Pen à table, c’était pour l’associer à facho.

LGB : Tu te considères comme raciste ?

KB : Ça dépend comment on définit le mot raciste. Il y a des différences entre les races, c’est prouvé biologiquement. Les anthropologues le disent. On ne peut pas mettre un Inuit dans le Sahara. Son corps est fait pour résister au froid. Il y a des différences, mais je ne vais pas dire que des gens sont supérieurs ou inférieurs. J’estime qu’un Inuit est supérieur en Alaska, un guerrier Massaï dans les plaines d’Afrique et un Européen en Europe.
Chaque ethnie est adaptée à son environnement. J’aime la différence, je ne suis pas d’accord avec les antiracistes. Ils veulent un mélange et un oubli des cultures, pour devenir les citoyens du nouvel ordre mondial. J’aime aller voir des traditions différentes, partout dans le monde. Je ne veux pas la perte des traditions.

LGB : Tu parles des pertes des traditions, mais quand on écoute des titres comme Lettre à Kery James on a l’impression que tu as une dent contre l’islam.

KB : Je n’ai rien contre l’islam tant qu’il est exercé dans des pays musulmans. L’Islam, c’est une tradition relativement forte, mélangée à de la culture. Un mode de vie mis en place sur plusieurs siècles Et ça vient remplir le vide de notre propre culture. C’est concurrentiel. L’Islam n’a rien à faire en Occident, comme le bouddhisme n’a rien à faire en Afrique.

LGB : Alors pourquoi prendre un titre aussi fort qu’Islamophobia ?

KB : Le morceau n’est pas si dur que ça. Il est contre la racaille qui se la joue musulman. On peut pas être musulman et vendre du shit, siffler les filles dans la rue, je ne vois pas où est l’islam là-dedans.

LGB : Mais ton morceau sur Kery James est à charge contre l’Islam…

KB : Il est à charge contre Kery James… Ce rappeur est entre Alain Soral et S.O.S. Racisme. Les deux lignes sont incompatibles, contradictoires. L’antiracisme est une arnaque, qui devient du racisme anti-blanc. A la manière des nouveaux féministes qui sont là pour castrer l’homme blanc. Kery James dénonce S.O.S. Racisme, parce que c’est une douille institutionnelle, mais il fait de l’antiracisme comme il y a 20 ans. Quand on est antiraciste, on défend tout le monde. Et je ne l’ai jamais entendu sur les chrétiens d’Orient qui se font massacrer. De la même manière, « Musique Nègre » est insupportable. C’est de la victimisation à outrance d’un mec qui se la joue black power. Quand on est black power, on va s’installer en Afrique pour développer le continent. On ne fait pas la victime dans un pays où l’on se sent ostracisé. On rentre dans son pays, essayer de développer.

LGB : Tu as rendu un hommage au fondateur du Front National en featuring avec Amalek, autre rappeur identitaire, comment est venue cette collaboration ?

KB : On s’envoyait mutuellement des sons, et j’ai voulu tenter le coup. Le mec est carré et talentueux, ce qui est assez rare. Il n’avait pas peur de montrer sa gueule. Ça m’a impressionné. Après il y a plein de choses qui nous séparent. Il est beaucoup plus radical que moi, catholique à fond et pour le retour aux croisades (rire).

LGB : Tu as l’impression que le rap identitaire a de plus en plus d’adepte ?

KB : Oui bien sûr. Toutes les semaines il y a un jeune rappeur qui m’envoie ces sons. Et c’est une des raisons pour laquelle je me lance dans la production. Parce qu’un rappeur identitaire ne peut pas aller dans les MJC pour apprendre à raper, se mettre avec une bande de blacks ou de reubeus pour lâcher ses couplets. Ça risque de partir en couilles.

LGB : Tu as eu des problèmes avec les autorités pour tes propos ?

KB : Après l’interview, j’ai rendez-vous au commissariat pour délit de presse. J’ai pas mal de convocations. Beaucoup de rappeurs identitaires sont en procès avec la LICRA. On se prend des grosses peines, de grosses condamnations. Maintenant, j’arrive à leur mettre à l’envers.
Pour le clip de #JMLP (morceau hommage à Jean-Marie Le Pen), on met une femme en burqa dans un coffre. La LICRA nous signale en vue d’un procès, pour appel à la haine envers la religion musulmane. Devant le policier j’explique qu’on entend tout le temps : « les musulmans modérés étaient les premières victimes des musulmans extrémistes ». En nous attaquant à ce stigmate de l’extrémisme musulman, la burqa, je défends les musulmans modérés.
Je reprends leur propre argument pour le retourner contre eux.

LGB : Faire l’effort de vivre ensemble quelles que soit les religions ça t’évoque quoi ?

KB : De la branlette pour bobo. Dans les faits, ça ne s’est jamais produit et ce n’est pas aujourd’hui que ça se fera.

LGB : Les élections présidentielles arrivent, tu la vois comment la France dans un an ?

KB : Je suis un très mauvais devin. J’espère produire pas mal d’artistes, que mon projet avance. Mon objectif, créer iTunes, mais pour les gens de la droite molle à l’extrême droite.

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