« Giants » d’Awir Leon : le Shaman timide de l’Electro

Air Leon, le jeune artiste venu du beatmaking dévoile son premier album electro-pop, « Giants » dans la lignée de Chet Faker ou James Bake, avec ce je-ne-sais-quoi de Mount Kimbie. Découverte d’une sensibilité abyssale.

Nowadays Record continue de signer des artistes Electro hors norme, ces inclassables, à la limite de l’Electro et du hip-hop, de l’alternatif et de la world music. Des formats hybrides qui permettent aux auditeurs de voyager à l’autre bout du monde, ou de la galaxie, sans pour autant bouger de son siège. Dans son genre, Awir Leon tire son épingle du lot pour devenir un gourou de l’apaisement.

Awir Leon

Awir Leon est un auteur chanteur compositeur résidant à Amsterdam. Originaire de Dunkerque (où il continu de faire grandir le trio Unno, mais ça c’est une autre histoire). Après un 1er EP co-produit avec « J.Kid » Souhab qui lance l’aventure et donne naissance au collectif JayFly composé d’une quinzaine d’artistes), le duo accueil Abraham « Tismé » Diallo et créé Unno. Deux EP sortis en indépendant, et le groupe attire l’œil du label Nowadays Records. Désormais Awir vole en solo pour le plaisir de nos oreilles.

Awir Leon se rappel de la genèse de Giants : « C’était dans le métro à Paris, je regardais un homme dont le visage dégageait une tristesse énorme, et je me disais que j’adorerais pouvoir la lui enlever. Puis je me suis rendu compte que je pouvais le faire avec la musique. J’ai gardé ça en tête tout au long de la création de Giants. »

Giants

Dès les premières mesures on prend une claque en forme de caresse. Naviguant dans les eaux troubles de James Blake ou Chet Faker, Awir Leon se lance dans des expérimentations léchés et délicates. Le son est à la fois épuré et complexe. Un épurement volontaire pour s’attarder sur les détails et transmettre un message direct et sans superflu, qui met les émotions à nu.

Les nappes se suffisent à elles-même, mais seront sublimées tout au long de l’album par la voix forte et cotonneuse du jeune nordiste. Instrumentales d’abord, avec des mélodies abyssales à la confluence de l’ambiant et de l’expérimentale menées par les claviers, et desquelles jaillisse un beat éloquent qui dessine la profondeur, la passion, la béatitude et la médiation. Textuelles et vocales ensuite, puisque c’est en immiscent ses textes et sa voix sur ces mêmes productions qu’Awir Léon délivre une incantation intime à la fois plaintive et rassurante, comme soulagée de partager une vérité que lui seul sait bafouée. Au fil des notes, Awir Leon fait danser les mots de ses pensées jusqu’à la gravé dans notre glande pinéale.

L’album Giants est disponible depuis le 24 octobre. Air Leon sera à Béthune le 25 novembre, au Cenquatre le 26 novembre et le 3 décembre à Rennes.

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