L’Imam, l’évêque et le rabbin – Leçon de «vivre ensemble» ?

Trois responsables religieux de banlieue unissent leurs connaissances théologiques afin de prôner le « vivre ensemble » dans les quartiers par le biais du livre L’Imam, l’évêque et le rabbin. Un défi de taille.

Michel Dubost, évêque d’Evry, Khalil Merroun, recteur de la mosquée d’Evry, et Michel Serfaty, rabbin de la synagogue de Ris-Orangis, se sont retrouvés dimanche dernier en compagnie du maire d’Evry, dans le lieu de culte judaïque de l’Essonne. « On se voit assez régulièrement, depuis près de trois ans », déclare Francis Chouat, maire d’Evry.

La Mairie ouvre le dialogue

Au-delà des actes symboliques, la commune d’Evry propose des moments de dialogue, de rencontre et d’actions concrètes. La mairie tente d’accompagner au mieux les représentants religieux, « toujours dans le cadre de la laïcité ». La commune « soutient les associations telle que Amitié Judéo – Musulmane de France qui reste en contact avec les quartiers ». Produire et participer à des clips de rap prônant la paix, organiser des tournois de football intercommunautaire, des « méchoui-couscous » ou encore des tables rondes et des ciné-débats sur la manière de sortir de « l’entre-soi communautaire », l’association de Michel Serfaty n’arrête pas. « Faute de budget », comme le regrette Sarah Gary, porte-parole de la mairie de Saint-Ouen : « Sur le terrain, les véritables acteurs sont les associations ».

Les associations sur le terrain

Ces ONG multiplient les actions pour combattre les amalgames et permettre aux religions de se comprendre. Cette façon de penser s’enseigne dès le plus jeune âge. Depuis six ans, « Enquête » organise des ateliers dans des écoles pour des enfants de 7 à 11 ans. Les séances alternent cours classiques et jeux inspirés du Taboo, du Monopoly ou du Pendu pour comprendre les différentes religions monothéistes: une démarche ludique qui amène une réflexion sociale.

« Pour l’ONG, il s’agit de donner à comprendre, non de faire découvrir une religion sous l’angle de la foi. La différence en six ans d’existence ? Depuis un an, « les élèves ont nettement plus de questions sur l’Islam ». 

Dix mois après les attentats du 13 novembre 2015, les associations et les institutions étatiques ressentent une tendance à deux vitesses. « Il y a une hausse des initiatives publiques salutaires », tempère Francis Chouat. « Le dialogue interreligieux s’est développé sur le coup de traumatismes multiples » s’attriste le maire d’Evry.  « J’espère que le livre de Sefraty, Merroun et Dubost va irriguer l’ensemble de la population. Mais on est loin d’avoir gagné le combat de la laïcité ». 

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