2015 : Une belle année pour la culture Hip-Hop

Fin d’année équivaut à faire le bilan, calmement. De Kendrick Lamar à Vald en passant pas Straight Out Comdom, le Hip-Hop se porte très bien et amorce 2016 sous les meilleurs auspices.

rap Kendrick Lamar

Vole comme Kendrick et pique comme Lamar

Son papillon a volé jusqu’au soleil sans se brûler les ailes. Cette année, l’auteur de MAAD City a réussi ce que Marvin Gaye’s a fait à son époque avec What’s Goin’ On, Curtis Mayfield et son There’s No Place Like America Today, ou encore Sly and The Family Stone’s sur There’s a Riot Goin’ On. C’est un album, déjà symbolique, est autant créatif que percutant. Le Chef d’œuvre de l’année a écouté. Pimp a Butterfly dépasse les frontières du Hip-Hop. Ovationné par Rolling Stones Magazine, The Guardian et le milieu artistique, Davide Bowie pour son album à venir s’est inspiré de l’opus. « On a beaucoup écouté Kendrick Lamar. L’ouverture d’esprit de Kendrick nous a plu car il ne s’est pas contenté de sortir un album purement hip-hop. Il a tout donné et c’est exactement ce qu’on voulait faire. Notre but, sous différents aspects, était d’esquiver au maximum le rock’n’roll », confie l’auteur de Life on Mars.

Le peloton de tête, c’est la grosse pomme

Si l’innovation est le maître-mot du Hip-Hop A$AP Rocky, Joey Bada$$ et Action Bronson ont fait l’année 2015. Gloire à ALLA, retour en force des influences primaires de la Beast Coast ; toutes les lettres de l’alphabet ne suffiraient pas à exprimer le nom des drogues qui ont influencé ce dernier opus. Aventurier, At Long Last ASAP est un lucid dream sous substances diverses et trips variés. Toujours de New York, Joey livre B4.DA.$$ un premier album prometteur, en béton armé. Avec les beats de Hit-Boy, Basquiat, Freddie Joachim, sans oublier les grands DJ Premier Statik Selektah, l’adolescent insouciant qui embarque sa planche de skate dans le bus de tournée a tiré son épingle du jeux en alliant ambiance rétro 90’s et un style percutant, et marginal. Entre ses amis Q-Tip, Dj Premier Statik Selektah, et son intronisation dans la Zulu Nation, le petit de 19 ans a de l’avenir. Kendrick Lamar est le chantre du rap conscientde l’autre coté, trône à la proue du rap jovial un poids lourd, Action Bronson. Forcément, cet ancien cuisinier incruste dans son flow des références alimentaires. De « Easy Rider », et sa guitare psychédélique à « Baby Blue » en feat avec Chance The Rapper, « Mr Wonderful » est merveilleux.

Spotify, le suprême juge :

La plateforme musicale de streaming a dévoilé son palmarès pour l’année passée. Le classement témoigne d’un retour en force du rap en France, et dans le monde. Dans l’Hexagone, les artistes hip-hop francophones s’imposent. Nekfeu porté par un album intelligent, Feu, où Kundera, Maupassant et Jack London prennent la place des gangs, grosses bagnoles et autres booty shake. Suivent dans le classement Jul, Maître Gims et Booba, qui occupent quatre des cinq premières places du classement.

L’auteur de Hotline Bling, Drake, est l’artiste le plus écouté dans le monde, avec 46 millions d’auditeurs. Rihanna, établit assure son statut d’artiste la plus écouté dans la catégorie des artistes féminines en France comme sur l’ensemble de la planète.

Les petites surprises de la French

Sans compter les super winner des charts Nekfeu et autres Jul, le rap français a laissé la place à quelques nouveaux venus. BigFlo et Oli en tête de file. Leur aisance sur le story-telling et leurs frasques d’adolescent qui remet le rap positif au goût du jour sont une bouffée d’air frais. L’ombre d’IAM plane sur ces jeunes esthètes.

Une bouffé de fumée et de crachats à la gueule, à prendre au second degré, permet à Vald d’être la surprise du milieu d’année. Horriblement sexy avec Selfie, jeune-vieux con pertinent sur Urbanisme, rien n’échappe à l’œil drolatique d’un jeune blondinet.

Dans un registre plus porche de Georges Brassens ou Léo Ferré que de La Caution, Kacem Wapalek remet au gout du jour la chanson française avec une écriture bourré d’allitération et d’assonance, une perle à écouter et à lire.

PNL c’est la révélation entêtante de cette fin d’année, une première au Yoyo, temple de l’électro. Ces banlieusards qui parlent principalement de deal et du « ter-ter » en utilisant des expressions de Nabilla risque de prendre la place de Booba, Kaaris et autre gueulard insupportable du game. Rien que pour la production léchée, entre la peste et le Choléra, autant choisir PNL.

Un Cinéma sur fond de beat

L’année démarre en mars, avec Chappie, film de science-fiction coécrit et réalisé par Neill Blomkamp, tournée pour la majeure partie à Johannesburg. Ce petit bijou qui suit l’histoire d’un robot-policier ayant été doté d’une intelligence artificielle, mais en avant le duo violent d’hip-hop zef, Die Antwoord. Watkin Tudor Jones, alias Ninja y est excellent et la bande son emprunte à la plupart des albums du groupe sud-africain.

Viens ensuite en plein milieu d’été le tonitruant Southpaw, (La Rage au Ventre en français), film inspiré sur la boxe inspirée de la vie d’Eminem et joué par le brillant Jake Gyllenhaal. Le rappeur devait également jouer le rôle principal à l’origine, mais il préfère produire la bande originale et interprète le premier single, Phenomenal, composé par DJ Khalil.

NWA : Straight Outta Compton réalisé par F. Gary Gray, est une biographique du groupe NWA. La vision de l’âge d’or du reality rap dans le regard de Dr Dre, Ice-Cube et Eazy-E fait renaitre une fièvre, une rage, qui va au-delà du souvenir des exactions policières à l’instar de la conscience douloureuse d’un temps qui est passé mais qui reste cruellement d’actualité avec les résonnances de Fergusson.

Dope  est drogué au rap positif, un hilarant antidote aux clichés sur les Blacks des ghettos, produit par le tandem Pharrell Williams-Forest Whitaker. Suivre un ado exclu dans un ghetto de la banlieue de L.A. Un pseudo geek amoureux des 90 qui désire rentrer Harvard, et rencontre un dealer joué par A$AP Rocky.

Les français Orselan et Gringe se sont également lancés dans le cinéma avec Comment C’est Loin. À la frontière des premières réalisations de Kevin Smith et d’un vent Normand, la performance est touchante, drôle et bourré de punchlines incisives. Idéal pour les amateurs des Casseurs Flowters.

Il y a également le film du jeune réalisateur Pascal Thessaud : Brooklyn. Le drame retrace l’histoire de Coralie, jeune rappeuse suisse de 22 ans qui s’installe à Paris.

Les challengers de 2016

Il y a bien sûr Travis Scott quasi SDF avant de rentrer dans le « game » à dejà le niveau de Drake, la nonchalance d’A$AP Rocky et l’imagerie de Lil Wayne. Une heureuse découverte de T.I. et Kanye West. Le pote de Chance The Rapper, Vic Mensa s’est le flow de Chicago, à l’opposé du paysage actuel. Son style et sa vision de Windy City, en font l’un des étendards de la nouvelle vague de Chicago. Enfin la petite découverte qui vient de Salem dans le Massachusetts : Token. Ce jeune rappeur de 17 ans emprunte son flow à Eminem, voir calque son style sur le maître, mais prend le pas du rap positif de galérien. Parier sur Token, c’est comme parier sur Angers, tu n’y crois pas trop mais ça marche.

Coté français, l’attente se fait du côté de Jazzy Bazz avec ses premiers titres lâchés sur la toile, son album sent bon le macadam de Paname.

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